Culte du dimanche 30 août 2026
Série : Jésus, à travers ses propres paroles
Thème : L’Agneau de Dieu
Orateur : Pasteur Alain Ngoie
Introduction
La personne de Jésus attire toujours l’attention. Certains le cherchent consciemment, d’autres le cherchent sans même le savoir. L’histoire, la culture, le débat religieux, les universités et les conversations les plus ordinaires reviennent sans cesse à la même question : qui est Jésus ?
Dimanche dernier, dans le cadre de la série Jésus, à travers ses propres paroles, nous avons médité sur le titre « Fils de l’homme », qui révèle Jésus pleinement homme et pleinement Dieu. Ce matin, le regard se porte sur un autre titre, tout aussi essentiel pour comprendre sa mission : l’Agneau de Dieu.
Ce titre est au cœur de la foi chrétienne, car il répond à une question fondamentale : pourquoi Jésus est-il mort ? Il ne suffit pas de savoir qui l’a condamné, comment il a souffert ou quelle autorité humaine a participé à sa crucifixion. Il faut comprendre le sens profond de sa mort. La croix n’est pas un accident tragique : elle est le centre du plan de Dieu pour sauver l’humanité.
Deux mots théologiques éclairent ce message, l’un en hébreu et l’autre en grec, que l’on peut traduire par expiation ou réconciliation par le sang versé, établissant l’alliance, la paix et notre relation avec Dieu. La réconciliation signifie que le péché est traité par un sacrifice accepté par Dieu. Le péché a produit la mort, et seul un sacrifice parfait pouvait ouvrir le chemin du pardon. C’est ici que Jésus est révélé comme l’Agneau de Dieu.
Trois axes vont structurer notre méditation : premièrement, l’Agneau de Dieu accomplit et dépasse la Pâque ; deuxièmement, le sang de Jésus justifie, rachète et accomplit le sacrifice parfait ; troisièmement, Jésus institue par son sang la Nouvelle Alliance, et achève l’œuvre qu’il a commencée dans nos vies.
1. L’Agneau de Dieu accomplit et dépasse la Pâque
Depuis la Pâque en Égypte jusqu’à la croix, la Parole de Dieu trace une seule ligne. Jean-Baptiste l’a proclamé sans ambiguïté :
« Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. » (Jean 1.29)
Il n’y a pas deux agneaux : il y a un seul Agneau qui ôte le péché. Jésus est l’Agneau de Dieu, et c’est par lui que nous sommes sauvés et que nous avons la vie aujourd’hui.
Cette expression aurait immédiatement évoqué, dans l’esprit des Juifs, bien plus qu’une fête religieuse. Elle rappelait la nuit où Dieu avait délivré Israël de l’esclavage en Égypte. Pharaon avait endurci son cœur malgré les avertissements, et le jugement allait passer sur le pays. Mais Dieu donna à son peuple une instruction précise : chaque famille devait prendre un agneau sans défaut, puis mettre son sang sur le poteau et le linteau de la porte.
« Vous prendrez un agneau sans défaut […] Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour de ce mois ; et toute l’assemblée d’Israël l’immolera entre les deux soirs. On prendra de son sang, et on en mettra sur les deux poteaux et sur le linteau de la porte des maisons où on le mangera. » (Exode 12.5-7)
Le détail de l’alliance est essentiel : le sacrifice devait être pur, sans imperfection. Il annonçait déjà la nécessité d’un sacrifice parfait. Le jugement ne passait pas au-dessus des maisons parce que leurs habitants étaient moralement meilleurs que les autres ; il passait au-dessus parce que le sang était sur la porte.
« Cette nuit-là, je passerai dans le pays d’Égypte, et je frapperai tout premier-né du pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’aux animaux, et j’exercerai des jugements contre tous les dieux de l’Égypte. Je suis l’Éternel. Le sang vous servira de signe sur les maisons où vous serez ; je verrai le sang, et je passerai par-dessus de vous, et il n’y aura point de plaie qui vous détruise, quand je frapperai le pays d’Égypte. » (Exode 12.12-13)
Dieu voyait le sang sur le poteau, et c’était par ce sang qu’il passait au-dessus de la maison. Ainsi, lorsque tu donnes ta vie au Seigneur, tu bénéficies d’une protection divine. Cette protection ne vient pas des œuvres humaines, ni des performances religieuses, mais du sang d’un sacrifice accepté par Dieu.
La Pâque devint ensuite une institution permanente pour Israël, un mémorial que chaque génération devait transmettre.
« Et lorsque vos enfants vous diront : Que signifie pour vous cet usage ? vous répondrez : C’est le sacrifice de la Pâque en l’honneur de l’Éternel, qui a passé par-dessus les maisons des enfants d’Israël en Égypte, lorsqu’il frappa l’Égypte et qu’il sauva nos maisons. » (Exode 12.26-27)
La Pâque était donc un rappel annuel : Dieu a délivré son peuple par le sang de l’agneau. Mais cet ancien signe pointait vers une délivrance plus grande. L’agneau sauvait de la mort physique lors du jugement sur l’Égypte ; Jésus, l’Agneau de Dieu, sauve de la mort spirituelle et des jugements éternels.
Le péché n’est pas simplement une faiblesse ou une imperfection morale : il rend l’être humain mort spirituellement. Depuis Éden, le péché a produit la séparation avec Dieu. Adam et Ève ont désobéi, et la mort est entrée dans l’histoire humaine.
« Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Romains 6.23)
Si le salaire du péché est la mort, alors le péché exige un paiement. Mais pour payer cette dette, il fallait une vie innocente. C’est pourquoi Jésus devait être pleinement homme et pleinement Dieu : il devait avoir une vraie vie humaine pour la donner, être sans péché pour que son sacrifice soit acceptable, et divin pour que ce sacrifice ait une valeur suffisante pour sauver.
« Car l’âme de la chair est dans le sang. Je vous l’ai donné sur l’autel, afin qu’il servît d’expiation pour vos âmes, car c’est par l’âme que le sang fait l’expiation. » (Lévitique 17.11)
Quand Jean-Baptiste dit « Voici l’Agneau de Dieu », il annonce que Jésus est l’accomplissement de tout ce système sacrificiel. Ce n’est plus seulement un agneau choisi par une famille, ni un sacrifice temporaire : c’est l’Agneau venu de Dieu lui-même. Les anciens agneaux étaient pris dans les champs ; Jésus vient du ciel. Les anciens sacrifices devaient être répétés chaque année ; Jésus a offert le sacrifice final, une seule fois pour toutes.
Ce sacrifice parfait, accompli une fois pour toutes, produit des effets que le Nouveau Testament détaille avec précision : la justification, le rachat et l’accomplissement.
2. Le sang de Jésus justifie, rachète et accomplit le sacrifice parfait
Le Nouveau Testament explique que Jésus est l’accomplissement de la Pâque et de tout le système sacrificiel. Pierre présente Jésus comme un agneau sans défaut et sans tache :
« Sachant que ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou de l’or, que vous avez été rachetés de la manière de vivre vaine que vous avaient transmise vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache, prédestiné avant la fondation du monde, et manifesté à la fin des temps, à cause de vous, qui par lui croyez en Dieu, lequel l’a ressuscité des morts et lui a donné la gloire, en sorte que votre foi et votre espérance reposent sur Dieu. » (1 Pierre 1.18-21)
Racheter signifie que quelqu’un a payé un prix pour libérer. Nous sommes rachetés par le sang de l’Agneau, pas par nos offrandes, pas par la dîme, pas par nos diplômes ni par nos connaissances. Jésus a payé un grand prix pour toi et pour moi, pour l’humanité entière, afin que nous ayons la vie et la liberté totale.
Jésus n’est pas seulement un exemple moral : il est le sacrifice qui libère, l’Agneau sans tache, choisi avant la fondation du monde. Cela signifie que la croix n’était pas un plan improvisé : avant même que l’humanité tombe dans le péché, Dieu connaissait déjà le sacrifice de son Fils. Paul explique que la mort de Jésus est la démonstration de l’amour de Dieu :
« Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. À plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. » (Romains 5.8-9)
Justifier signifie être déclaré juste devant Dieu. L’être humain n’est pas justifié par ses efforts, ses œuvres, sa religion ou sa comparaison avec les autres, mais par le sang de Jésus. Celui qui croit est justifié non parce qu’il devient parfait par lui-même, mais parce que le sacrifice parfait de Christ lui est appliqué. Paul fait ensuite le lien explicite entre Christ et la Pâque :
« Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé. » (1 Corinthiens 5.7)
Christ n’est pas seulement associé à la Pâque : il en est l’accomplissement. Dans le ciel, ce n’est pas seulement Dieu que l’on adore, mais l’Agneau lui-même ; les êtres vivants, les anciens, les anges et toute la création l’adorent.
« Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant : Tu es digne de prendre le livre, et d’en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé, et tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation ; tu as fait d’eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre. » (Apocalypse 5.9-10)
Le sang de l’Agneau rachète des hommes et des femmes de toutes les tribus, de toutes les langues, de tous les peuples et de toutes les nations. L’Agneau de Dieu n’est pas venu sauver une catégorie ou un groupe : c’est le monde entier, c’est toi, c’est moi.
L’Évangile n’est limité à aucun groupe ethnique ou culturel. Le sang de Jésus ouvre le salut à tous ceux qui croient :
« Et j’entendis toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer, et tout ce qui s’y trouve, disant : À celui qui est assis sur le trône, et à l’Agneau, soient la louange, l’honneur, la gloire, et la force, aux siècles des siècles ! » (Apocalypse 5.13)
Le ciel tout entier est centré sur l’Agneau ; l’adoration éternelle célèbre Jésus comme celui qui a été immolé et qui est digne. La croix ne sera jamais un détail oublié dans l’éternité : le sacrifice de Jésus demeurera toujours au centre de la louange. Même le livre de vie porte son nom :
« Et tous les habitants de la terre l’adoreront, ceux dont le nom n’a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l’Agneau qui a été immolé. » (Apocalypse 13.8)
Cela rappelle que l’identité du peuple de Dieu est liée à l’Agneau. C’est notre identité, la tienne comme la mienne.
Ce même Jésus, dont le sang rachète, justifie et accomplit, va lui-même instaurer une alliance nouvelle par son sacrifice, en la scellant lors d’un dernier repas avec ses disciples.
3. Jésus institue par son sang la Nouvelle Alliance
Même si Jésus n’utilise pas explicitement l’expression « Agneau de Dieu » à son sujet, les Évangiles révèlent clairement qu’il a accompli la mission de l’Agneau. Il entre à Jérusalem pendant la Pâque, il entre dans la ville comme un roi, mais il sait qu’il vient pour être sacrifié. Le moment de sa mort n’est pas accidentel : il se situe dans le cadre de la Pâque, lorsque l’agneau devait être immolé.
« Le jour des pains sans levain, où l’on devait immoler la Pâque, arriva. » (Luc 22.7)
Jésus partage alors le repas de la Pâque avec ses disciples et donne au pain et à la coupe une signification nouvelle. Ce que l’ancien repas rappelait, la sortie d’Égypte, trouve désormais son accomplissement.
« L’heure étant venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. Il leur dit : J’ai vivement désiré manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir ; car, je vous le dis, je ne la mangerai plus, jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. » (Luc 22.14-16)
Jésus annonce que cette Pâque trouvera son accomplissement dans le royaume de Dieu ; elle pointe vers quelque chose de plus grand.
« Puis il prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. Il prit de même la coupe, après le souper, et la leur donna, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous. » (Luc 22.19-20)
Jésus identifie sa mort comme le fondement de la Nouvelle Alliance. L’ancienne alliance reposait sur des sacrifices répétés ; la Nouvelle Alliance repose sur le sang de Jésus, versé une fois pour toutes. Matthieu précise que ce sang est versé pour le pardon des péchés :
« Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés. » (Matthieu 26.27-28)
Rémission signifie pardon, libération de la dette du péché. Jésus ne présente pas sa mort comme un simple exemple d’amour, mais comme le moyen par lequel les péchés sont pardonnés. Il annonce ensuite un avenir de communion :
« Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où j’en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. » (Matthieu 26.29)
Le repas de la Pâque regarde vers l’avenir : il pointe non seulement vers la croix, mais aussi vers le banquet du royaume. La communion regarde en arrière, vers le sacrifice de Jésus, mais aussi en avant, vers le festin avec l’Agneau.
« Réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse, et donnons-lui gloire ; car les noces de l’Agneau sont venues, et son épouse s’est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d’un fin lin, éclatant, pur… Et il me dit : Écris : Heureux ceux qui sont appelés au festin des noces de l’Agneau ! » (Apocalypse 19.7-9)
Jésus conduit son peuple vers un festin. Le salut n’est pas seulement une sortie du jugement : c’est une entrée dans la communion éternelle avec Dieu.
À la croix, Jésus prononce une parole décisive :
« Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l’Écriture fût accomplie : J’ai soif. Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et l’ayant fixée à une branche d’hysope, ils l’approchèrent de sa bouche. Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit. » (Jean 19.28-30)
Le mot grec traduit ici signifie que l’œuvre est achevée, complète, menée à son terme. Jésus achève l’œuvre qu’il a commencée. Personne ne peut arrêter ce que Christ a accompli à la croix.
Le détail de l’hysope est lui aussi porteur de sens. En Égypte, une branche d’hysope avait servi à appliquer le sang de l’agneau sur les portes :
« Vous prendrez ensuite un bouquet d’hysope, vous le tremperez dans le sang qui sera dans le bassin, et vous toucherez le linteau et les deux poteaux de la porte avec le sang qui sera dans le bassin. » (Exode 12.22)
À la croix, une branche d’hysope réapparaît, au moment même où l’Agneau de Dieu achève son sacrifice. Le lien entre la Pâque ancienne et la croix est ainsi profond et continu : la même plante qui a servi à appliquer le sang de l’agneau en Égypte se retrouve associée à l’accomplissement de la Nouvelle Alliance.
Conclusion
De la nuit de la Pâque en Égypte jusqu’au sommet de la croix, une seule ligne se dessine : Dieu sauve son peuple par le sang d’un sacrifice qu’il fournit lui-même. En Égypte, le jugement passait au-dessus des maisons non pas à cause du mérite de leurs habitants, mais à cause du sang sur la porte. Aujourd’hui encore, personne n’est justifié par ses efforts, ses œuvres ou sa religion, mais par le sang de Jésus.
L’Agneau de Dieu accomplit et dépasse la Pâque. Les anciens agneaux étaient pris dans les champs et les sacrifices devaient être répétés chaque année ; Jésus vient du ciel et offre le sacrifice final, une fois pour toutes. Son sang rachète, justifie et rassemble des hommes et des femmes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation. Et par ce même sang, il institue la Nouvelle Alliance, scellée lors du dernier repas avec ses disciples, pour la rémission des péchés.
La croix n’est donc pas un accident tragique : elle est le centre du plan de Dieu pour sauver l’humanité. Tout est accompli. L’œuvre est achevée, complète, menée à son terme, et personne ne peut arrêter ce que Christ a accompli. Le salut n’est pas seulement une sortie du jugement : c’est une entrée dans la communion éternelle avec Dieu, jusqu’au festin des noces de l’Agneau.
Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.
